Actualités Rapport à la normale des précipitations de la saison des pluies 2025-2026

Météo-France

Bilan de saison des pluies 2025-2026

13/05/2026

Saison déficitaire en précipitations, plus chaude que la normale.

La saison des pluies 2025-2026 s’achève sur un bilan très déficitaire : -45% par rapport à la normale. Les cumuls totaux sur 5 mois, de décembre 2025 à avril 2026, s’élèvent en moyenne sur l’île, à environ 1000 mm. Or la normale est à plus de 1700 mm ! Il s’agit de la 2e saison des pluies la plus déficitaire en plus de 50 années de mesures (après la saison record 2018-2019).

Contexte

La saison des pluies s’étend de décembre à avril. C’est la période de l’année qui concentre la pluviométrie la plus importante. Les pluies y sont habituellement fréquentes, elles peuvent devenir intenses et orageuses. Bien que ce ne soit pas systématique à chaque année, des systèmes tropicaux sont amenés à évoluer sur le bassin océanique, et peuvent parfois venir apporter de fortes précipitations sur l’île. Ces événements généralement brefs et localisés contribuent pourtant très largement aux bilans pluviométriques, et apportent des pluies à des secteurs moins arrosés en temps normal - typiquement les Hauts. Par exemple, le 28 février 2025, GARANCE avait apporté un bon quart (voire plus d’un tiers dans le Nord-Ouest), des cumuls totaux de la saison des pluies 2024-2025. 

Cette année, le déficit pluviométrique s’explique en partie par l’absence de systèmes tropicaux actifs aux abords de La Réunion. Par ailleurs, les pluies ont été moins régulières que d’habitude, aboutissant à des cumuls plus faibles. 

Enjeux

Après un mois de décembre à la pluviométrie favorable, les cumuls mensuels n’ont fait que baisser progressivement jusqu’en fin de saison. Les mois de janvier à avril 2026 sont marqués par des déficits importants, atteignant des niveaux exceptionnels sur de nombreuses stations réparties sur toute l’île. Cette année 2026, la période de 4 mois de janvier à avril est la plus sèche jamais observée en 55 ans de mesures.

Pourtant, c’est normalement le cœur de la saison, moment où l’on récolte le maximum de pluie et où les réserves se reconstituent. En fin de saison des pluies, d’habitude, les réserves sont au maximum, on débute sereinement la saison sèche. Or cette année, le déficit est historiquement marqué, et la sécheresse arrive très précocement. L’année démarre donc sur une ressource déjà fragilisée. Pour illustrer la situation, on pourrait dire qu’on se retrouve avec un arrosoir qui n’est qu’à moitié plein, et un jardin qui commence déjà à dessécher.

Ci-dessous, un histogramme des cumuls mensuels moyens sur l'île, comparés à leurs normales respectives, sur la période de la saison des pluies allant de décembre 2025 à avril 2026.

 

Par secteurs

Seuls quelques secteurs ont atteint des cumuls proches, voire au-dessus des normales de saison : les Hauts de l’Ouest et le secteur du Tampon. 

Partout ailleurs, les stations enregistrent des cumuls pluviométriques déficitaires. Les zones de l’île les plus marquées par les déficits sont les Hauts (Cilaos, Salazie, les hautes plaines et le volcan), mais aussi toute la zone au vent (du Nord au Sud Sauvage en passant par l’Est) et le secteur de l’Étang-Salé.

Certaines stations enregistrent les cumuls les plus faibles observés pour une saison des pluies :

  • la Plaine des Palmistes, avec un cumul de 1090 mm. La normale s’élève à 3000 mm, ce qui représente un déficit de -65 % pour la saison la plus déficitaire en 74 années de mesures ;
  • Bois-Rouge, avec un cumul de 850 mm. La normale est à 1570 mm, ce qui donne un déficit de -46 % pour la saison la plus déficitaire en 74 années de mesures ;
  • Le Baril, avec 1330 mm. La normale est à 2320 mm, ce qui représente un déficit de -45 % pour la saison la plus déficitaire en 37 ans de mesures ;
  • Gros Piton Sainte-Rose, avec 1360 mm pour une normale à 2190 mm. C’est donc un déficit de -40 % pour la saison la plus déficitaire en 39 ans de mesures.

Ci-dessous, les cartes des cumuls de précipitations sur la totalité de la saison des pluies, ainsi que le rapport à la normale de ces cumuls.

Chronologie et valeurs notables

En cliquant sur les onglets ci-dessous, on trouve un focus mois par mois sur la situation pluviométrique. Les cartes associées sont les rapports à la normale des cumuls de chaque mois.

Pour un aperçu complet, les Bulletins Climatiques Mensuels disponibles dans la rubrique « Climat », détaillent les conditions de chaque mois et les valeurs relevées aux différentes stations de l’île.

  • Novembre
  • Cette saison des pluies 2025-2026 a démarré dans un contexte favorable à la recharge en eau. Dès le milieu du mois de novembre, des pluies viennent arroser l’Ouest, le Nord, le Nord-Est de l’île ; également Mafate et Cilaos jusqu’au Tampon.


     

  • Décembre
  • Ensuite, décembre a profité de précipitations généreuses, certaines stations ont même enregistré des valeurs inhabituelles. Par exemple, le Maïdo a connu en 2025 son mois de décembre le plus arrosé depuis 1998, atteignant un cumul de plus de 400 mm. Et à la Pointe des 3 bassins, avec près de 170 mm, le mois de décembre 2025 est le deuxième plus pluvieux depuis 1988.

    Ci-dessous, la cartographie des rapports à la normale de décembre 2025.

  • Janvier
  • Malheureusement, le passage à l’année 2026 a cassé ce beau début de saison des pluies. La petite avance prise fin 2025 a vite été érodée par les manques de début 2026.

    En janvier, le Sud, le Sud-Est et dans une moindre mesure l’Est, ont ponctuellement profité de quelques pluies. Mais la majeure partie de l’île a récolté moins de la moitié de ce qui tombe habituellement. En particulier, les stations de La Possession et Grande-Chaloupe ont enregistré les cumuls mensuels les plus faibles depuis leur ouverture en 1997, avec respectivement 31 et 20 mm à peine, pour des normales autour de 220 mm.

    Ci-dessous, la cartographie des rapports à la normale de janvier 2026.

  • Février
  • D’ordinaire, février est le mois le plus arrosé sur l’île. Mais ce mois de février 2026 a été fortement déficitaire sur pratiquement toute l’île, à l’exception de l’Ouest. Les cirques, les hautes plaines, le volcan ont récolté des pluies particulièrement faibles, représentant à peine 10 à 20 % des normales mensuelles.

    Ci-dessous, la cartographie des rapports à la normale de février 2026. 

  • Mars
  • Mars 2026 est venu creuser les déficits déjà installés. Seules quelques stations ponctuelles dans les Hauts de l’Ouest et au Tampon ont atteint, voire dépassé la normale mensuelle. Partout ailleurs, c’est très déficitaire. Là encore, les hautes plaines, les cirques, le volcan sont bien en-dessous des normales habituelles ; mais aussi les littoraux Nord-Ouest, Ouest, Sud. Par exemple à la Pointe des 3 bassins, avec 1 mm à peine, on atteint la valeur la plus faible observée en 39 ans de mesures.

    Ci-dessous, la cartographie des rapports à la normale de mars 2026. 

  • Avril
  • En avril, quelques pluies ont apporté des cumuls satisfaisants sur certains secteurs, souvent les mêmes que ceux qui avaient déjà profité des pluies des mois précédents. Ainsi le Tampon, Pierrefonds, les Hauts de l’Ouest et le Nord-Ouest terminent avec un bilan excédentaire. À La Grande-Chaloupe, avec plus de 150 mm observés pour une normale à 70 mm, la station a enregistré son 5e mois d’avril le plus pluvieux depuis 1997. Mais plus de la moitié de l’île est en déficit marqué.

    Ci-dessous, la cartographie des rapports à la normale d’avril 2026. 

    Focus sur janvier-avril

    Sur la sous-période de 4 mois de janvier à avril, particulièrement peu arrosée, une douzaine de stations disséminées sur l’île ont enregistré des cumuls exceptionnellement faibles et des records de déficits. Dont, entre autres, les suivantes :

    • Plaine des Palmistes : cumuls à 780 mm, normale à 2620 mm, soit un écart à la normale de -70 %, record en 75 ans de mesures ;
    • Bois-Rouge : cumuls à 560 mm, normale à 1350 mm, soit un écart à la normale de -60 %, record en 75 ans de mesures ;
    • Le Brûlé-Val-Fleuri : cumuls à 700 mm, normale à 1650 mm, soit un écart de -60 %, record en 70 ans de mesures ;
    • Bagatelle : cumuls à 760 mm, normale à 1580 mm, soit un écart de -50 %, record en 74 ans de mesures ;
    • Palmiste-Rouge : cumuls à 270 mm, normale à 1000 mm, soit un écart de -75 %, record en 64 ans de mesures.


     

    Températures

    Le suivi de l’évolution des températures sur l’île se fait en moyennant les valeurs de 3 stations de mesures : Gillot-aéroport, Pierrefonds-aéroport et Plaine des Cafres.

    Les températures étaient globalement au-dessus des normales pour cette saison des pluies 2025-2026. En moyenne sur les stations et sur ces 5 mois, on a atteint 24°C (normale à 23.4°C, soit une anomalie de +0.6°C). Si on regarde plus en détail sur les différentes stations de l’île, on peut remarquer que la chaleur s’est fait sentir davantage dans les Bas que dans les Hauts.

    Décembre s’est distingué par des nuits particulièrement chaudes (moyenne des températures minimales quotidiennes au-dessus de la normale à +1.4°C). Puis, en janvier on a relevé des journées moins chaudes que les normales (maximales à 27.5°C pour une normale à 28°C), ce qui devient assez rare pour être remarqué. Une chaleur notable s’est fait sentir entre février et mars. Les températures maximales ont atteint leur pic au mois de mars (28.6°C pour une normale à 27.4°C). C’est assez tardif pour la saison, car en général ce sont les mois de janvier et février qui concentrent les plus fortes chaleurs. Enfin avril, tout comme mars, est resté encore assez chaud par rapport aux normales mensuelles.

    Ci-dessous, un tableau des températures minimales, maximales et moyennes quotidiennes, moyennées par mois de décembre 2025 à avril 2026 et sur la totalité de la saison, comparées à leurs normales respectives.